Sujet amené
Sujet posé
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Le jeudi 6 juin 1996, j'ai amené quatre enfants au Festival, pour voir le spectacle de Jacques Chénier. J'ai choisi ce jour parce que votre programme annonçait que le spectacle allait être présenté en français. Au début du concert, monsieur Chénier a demandé qui du public parlait français et qui parlait anglais. Voyant qu'il y avait des anglophones dans la foule, il a proposé de faire un spectacle bilingue.
Le résultat final n'a rien de bilingue: sur 50 minutes de spectacle, Jacques Chénier a chanté deux chansons en français et une troisième avec un couplet en français. Le reste du spectacle s'est fait entièrement en anglais. Je comprends que monsieur Chénier a cherché à accommoder son public mais pourquoi au détriment des francophones? Sommes-nous des spectateurs moins importants? Et les autres jours, aux spectacles annoncés en anglais seulement, s'il y avait des francophones dans la salle, est-ce qu'on a modifié le contenu pour les accommoder à leur tour?
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Revenons aux enfants que j'accompagnais. Pour les deux fillettes de 2 et 3 ans qui ont été préparées en français au spectacle, l'expérience n'a été qu'ennuyeuse, elles s'amusaient bien plus à la maison en écoutant la cassette en français. Mais pour les deux garçons de
7 ans qui comprennent l'anglais, les conséquences sont plus sérieuses. On est en train de leur lancer le message suivant: le français (par extension, votre culture et vos racines) est de second ordre, moins important que l'anglais. À la moindre occasion, on le met de côté, on le fait disparaître. Pas étonnant que les jeunes Franco-Manitobains vivent des moments de honte vis-à-vis de leur culture, parfois au point de la renier!
Notre famille a déboursé 42$ pour participer au festival et nous n'avons pas eu ce qu'on avait annoncé. Pourquoi nous attirer avec des informations qui ne sont pas respectées? Dans une situation comme celle-ci, face à une entreprise commerciale, on aurait pu parler de publicité mensongère.
Et ce n'est pourtant pas l'argent dépensé qui justifie mon mécontentement. C'est l'idée qu'on ignore une certaine classe de citoyens parce qu'ils ont la mauvaise habitude d'être différents et de vouloir le rester.
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Ce n'est malheureusement pas la première fois que dans nos efforts constants de parents pour faire aimer et respecter la langue française à nos enfants, on nous coupe l'herbe sous le pied. Mais on ne s'y habitue jamais.
Je ne pense pas revenir au Festival à moins que vous puissiez me prouver que la prochaine fois vous respecterez vos engagements.
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