Étancher sa soif11
Sylvianne Lanthier
Deux librairies, quelques bibliothèques, quelques centres CRÉE font beaucoup, à
longueur d'année, pour que les francophones puissent avoir un accès facile à des livres en français.
Nos librairies francophones n'ont pas la clientèle suffisante pour se permettre un grand inventaire. Aussi, quand on est pris d'une envie frénétique de bouquiner dans des allées débordant de livres neufs, c'est seulement du côté des boutiques anglophones qu'on peut se tourner.
Sauf pendant le Salon du livre. Pendant quelques jours, des milliers de bouquins sont
au rendez-vous pour nous permettre d'étancher notre soif de lecture. En milieu
minoritaire, cet événement, trop rare, fait l'effet d'un verre d'eau dans le désert. Les
amateurs n'ont pas besoin de se laisser convaincre longtemps pour y aller. Mais il n'y a pas que les mordus de lecture, les rats de bibliothèque ou les intellectuels de tous
genres qui y trouvent leur compte. Des livres, le Salon en propose de toutes les sortes, pour tous les goûts, et pour toutes les bourses.
Et contrairement à des événements gigantesques comme le Salon du livre de Montréal, qui présente tant de choses à la fois qu'on ne sait plus où donner de l'œil, le Salon d'ici est plus convivial, plus simple, plus sympathique, et plus communautaire. On s'y sent chez soi.
Le plaisir de lire, une fois qu'on l'a découvert, est comme une épice essentielle pour
relever la saveur parfois un peu fade de la vie quotidienne. Lire, c'est s'amuser,
s'émouvoir, s'émerveiller, s'enrichir, découvrir, traverser le temps et l'espace, écouter les riches voix de tous ces auteurs de toutes les époques et de toutes les langues, qui ont eu chaque fois une histoire unique à raconter.
Parmi tous les événements culturels qu'organisent des groupes de francophones, le
Salon du livre est un des plus précieux. Parce que rien, mieux qu'un livre, ne peut nous rattacher à l'ensemble de la culture française à laquelle nous appartenons. Devant un livre, personne n'est minoritaire.