Feuille de travail


Textes


Décrochage: une affaire de société 12

La société québécoise s'est fixé comme objectif de rendre l'école accessible à tous. Or, l'accessibilité ne constitue pas une réponse complète. En effet, ce n'est pas tout de construire des écoles et d'organiser le transport des écoliers. Encore faut-il que les jeunes se rendent jusqu'à la fin du cycle d'études commencé et réussissent leurs examens. Bref, l'obtention du diplôme doit être le couronnement de l'accessibilité aux études.

Cet objectif est battu en brèche par l'abandon scolaire, mieux connu sous le nom de décrochage, qui a pris des proportions inquiétantes au Québec. Inquiétantes au point que la société dans son ensemble doit faire de la lutte à l'abandon scolaire une priorité.

Les études publiées par le ministère de l'Éducation révèlent que c'est non seulement le décrocheur lui-même qui se pénalise, mais que c'est la collectivité tout entière qui absorbe les coûts du décrochage.

La société a intérêt à s'assurer que les élèves obtiennent au moins leur diplôme d'études secondaires. Il est prouvé que l'aide sociale et les prestations d'assurance-chômage vont surtout à ceux qui ont une faible scolarité. Il est reconnu que les habitudes de vie s'améliorent selon le niveau d'études atteint. Les personnes plus instruites utilisent mieux les services publics et leur état de santé est plus satisfaisant que celui des moins scolarisés.

Enfin, il est démontré que les bénéfices fiscaux que retire l'état sont en proportion du niveau de scolarité des individus. Ils sont plus importants selon que les personnes sont plus instruites [...]

Le Soleil, le 9 mars 1992


Reproduit avec l'autorisation des Éditions CE



Enseignants, enseignantes13


Suite à une émission télévisée dans laquelle on s'interrogeait sur la qualité et l'importance de l'enseignement, j'ai cru bon vous donner mon opinion à ce sujet.

On entend trop souvent parler d'étudiants échouant leurs études secondaires, d'étudiants abandonnant leurs études ou encore de ces étudiants qui partent pour le cégep pour en ressortir deux mois plus tard...

Les premiers blâmés sont, malheureusement pour eux, les étudiants. D'accord, ce sont des étudiants sans goût pour les études, sans conscience de l'importance des études et sans méthode de travail...

Les enseignants, eux, ne sont pas... ceux que je blâme le plus. Il est évident qu'un enseignant connaissant et aimant sa matière, sachant la présenter avec précision, clarté et enthousiasme, s'assure d'avoir le meilleur des cours.

Mais quelles sont les causes de ces si nombreux échecs et abandons? La réduction des programmes d'enseignement, le « fossé secondaire-cégep  », l'inefficacité de l'école primaire, les valeurs de notre société et quelques autres raisons oubliées sont, à mon avis, les causes sur lesquelles devront se pencher les responsables de l'éducation. À moins qu'ils se fichent de l'avenir. [...]

Michel Thibault (16 ans)
St-Mathias
Vie pédagogique, no 60, p. 29

Reproduit avec l'autorisation des Éditions CEC