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Thème: Les fondements de la société

Unité: La causalité

Activité 12: Une nouvelle organisation sociale



A. Objectifs spécifiques


Concept: Justice, paradigme, science, causalité.
Connaisances: Savoir que les sociétés acceptent les prémisses comme base de développement d'un nouveau style de vie.

Savoir que les États-Unis d'Amérique sont un exemple de gouvernement basé sur un grand nombre des paradigmes qui avaient été développés à ce point de l'histoire.

Savoir que ces paradigmes ont contribué avec le temps au développement d'une approche unique d'organisation sociale.
Habiletés: Percevoir les relations de cause à effet.

Présenter les informations de manière logique pour montrer des relations valides.

Faire des inférences à partir de données fiables.
Valeurs: Apprécier les risques et les défis inhérents à l'adoption de paradigmes qui n'ont pas été éprouvés comme base d'expérimentation sociale.


B. Stratégies d'enseignement Les élèves peuvent faire des études de cas de sociétés et faire l'expérience de créer une nouvelle organisation sociale basée sur les principes développés comme résultat de nouveaux paradigmes en sciences, religion et sciences humaines. Cette étude de cas devrait examiner: Cette situation pourrait être utilisée comme simulation, au cours de laquelle les élèves feraient des jeux de rôle de la situation dans laquelle se trouvent une ou plusieurs de ces sociétés. Les États-Unis en seront une bonne exemple. Les élèves comprendraient ainsi mieux les problèmes auxquels cette société pourrait avoir à faire face. Après cet exercice, les élèves pourraient tirer des inférences au sujet des succès et des échecs de ces sociétés.

C. Notes explicatives

L'envergure de cette activité laisse entendre une flexibilité qui pourrait toucher aux six apprentissages essentiels communs.

D. Matériel requis E. Suggestions d'évaluation

F. Durée approximative

Document d'information nº 1

Documentation relative à l'indépendance américaine


Qui détient l'autorité suprême sur les treize colonies?

D'après la loi, c'est le Parlement qui détient l'autorité suprême en Grande-Bretagne, y compris dans toutes ses colonies, dans quelque partie du monde qu'elles se trouvent. Le droit de lever des impôts dans les colonies

À cette époque, le meilleur moyen pour un gouvernement d'obtenir des fonds était de taxer tous les produits importés (droits de douane). La Grande-Bretagne avait décrété plusieurs impôts de cette nature. Les lois maritimes

Les colonies servent à accroître le prestige et les richesses de la Grande-Bretagne en lui vendant leurs matières premières qui sont ensuite transformées en Angleterre avant qu'on les revende aux colonies, ou ailleurs, à profit. Ainsi, la Grande-Bretagne peut accumuler des réserves d'or lui permettant d'assurer sa puissance et sa sécurité.

La législation adoptées par le Parlement en 1660 et en 1696 décrète que toute merchandise importée et exportée par la Graned-Bretagne doit être transportée par les navires britanniques. Le contrôle de la fraude fiscale

Au cours de la guerre de Sept Ans, plusieurs colons (américains) s'enrichirent en commerçant illégalement avec les Français et, par la suite continuèrent à faire de la contrebande afin d'échapper au paiement des taxes. Celle-ci était pratique courante chez les colons et, au cours des dernières années, la Grande-Bretagne avait très peu fait pour y mettre un frein.

Dans le but de réunir des fonds pour payer son armée en Amérique du Nord, le gouvernement britannique décide d'appliquer rigoureusement ses lois sur les douanes et le transport maritime. La marine britannique est donc chargée de mettre fin à la contrebande.

En vertu de la tradition de la common law, une personne accusée d'un crime a droit à un procès public devant un jury composé de ses pairs. Par conséquent, les contrebandiers sont souvent déclarés innocents par des jurys de colons, en dépit de preuves évidentes de leur culpabilité. C'est, de toute évidence, un outrage à la cour qui dénote du mépris pour les lois du Parlement. S'il est possible d'ignorer ainsi cette loi, aucune loi ne pourra tenir, et la société ne sera plus à l'abri.

Puisque les accusations se rapportent le plus souvent à des cas de contrebande maritime, il est clair qu'elles tombent sous la juridiction du droit maritime. Le roi estime donc dans son droit de transférer ces cas au tribunal maritime. Or, il est d'usage que les affaires de droit maritime ne soient jamais jugées devant un jury: c'est, de toute évidence, une façon détournée de ne pas porter atteinte aux traditions de la common law.

La colonisation des terres à l'ouest des Appalaches

Les Amérindiens qui occupent ces territoires traversent des temps difficiles. En effet, la concurrence pour les fourrures, entre Britanniques et Français, étant tombée, le prix des fourrures a baissé considérablement.

Pis encore, les Amérindiens sont de plus en plus perturbés par la colonisation grandissante de leurs terres. De plus en plus repoussés au fond de leur territoire, ils accumulent de la rancoeur contre les colons américains.

Pontiac, chef de grand prestige, forme une alliance avec plusieurs autres tribus amérindiennes du sud des Grands Lacs et de l'est du Mississippi. L'alliance a pour but de combattre les colons sur les terres amérindiennes en leur opposant une résistance armée. Pontiac et certains autres discutent même d'une alliance éventuelle avec les Français pour repousser les Anglais de l'autre côté des montagnes.

Inquiétée par cette éventualité, la Grande-Bretagne réagit:

Document d'information nº 2

Des lois spéciales pour le maintien de la loi et de l'ordre dans les colonies

Document d'information nº 3

Le point de vue des colons américains


Documentation sur la situation générale

Nous sommes aux environs de 1770 et vous vivez dans l'une des Treize colonies d'Amérique installées le long de la côte Est de l'Atlantique. Nombre d'entre vous êtres les descendants de familles installées ici depuis cent ans ou plus. Il y a longtemps que vous dépendez de la Grande-Bretagne pour votre protection et pour vos produits manufacturés. Aujourd'hui, par contre, votre population et votre industrie sont assez développés pour vous permettre de vous sentir un peu plus indépendants face à la Grande-Bretagne.

Nous sommes au terme d'une guerre importante (1756-1763) entre la France et la Grande-Bretagne qui déterminera qui détiendra le pouvoir sur certaines parties du monde, notamment sur l'Inde et sur l'Amérique. La Grande-Bretagne en sort gagnante, et la France lui cède une grande partie de son empire. La colonie française de Nouvelle-France (le Québec) qui se trouve au nord a été conquise par les Britanniques en 1759. Or, comme l'administration de la vallée de l'Ohio avait été confiée à la nouvelle-France, elle se trouve maintenant sous contrôle britannique.

La vallée de l'Ohio est d'une importance capitale pour les colons américains, car nombre d'entres eux s'y sont installés pour faire de l'agriculture et y ouvrir des commerces. Ce type de colonisation irrite grandement les Amérindiens qui se rendent compte qu'ils sont en train de perdre leur territoire à tout jamais. Ils menacent les colons.

Les colons commencent à se considérer comme «Américains». Ils ont une mentalité de pionniers et sont fiers de leur capacité d'apporter la civilisation à ces régions sauvages et de repousser toujours plus loin leurs frontières.

Ils considèrent également que la société qui compose les Treize colonies est plus ouverte et plus égalitaire que les sociétés européennes. En tant qu'«Américains», ils commencent à penser qu'on devrait les laisser libres de décider eux-mêmes de leur organisation sociale, et ils commencent à voir d'un mauvais oeil ce qu'ils interprètent comme l'ingérence britannique dans les affaires «américaines». Ils sont convaincus que ce qu'ils sont en train de créer en Amérique du Nord est supérieur à tout ce que l'Europe a pu réaliser.

Les gens d'affaires américains

Leur frustration croît sans cesse devant ce qu'ils croient être l'injustice et le favoritisme des lois britanniques. Les radicaux

Les radicaux représentent un tiers de la population coloniale. Selon eux, il faut changer de fond en comble les rapports entre la Grande-Bretagne et les colonies. Ils soutiennent qu'il y a trois grands domaines où l'Amérique diffère de la Grande-Bretagne. En voici les grandes lignes:

Le domaine juridique Le domaine religieux Le domaine philosophique

Document d'information nº 4

Le point de vue des loyalistes


Les loyalistes sont des colons qui se considèrent comme des sujets britanniques et estiment devoir loyauté au roi. Ils représentent le tiers de la population des colonies.

Ce sont de loyaux sujets britanniques qui vivent dans les colonies, qui désirent conserver leurs liens avec la Grande-Bretagne et faire partie du grand Empire britannique - d'où leur nom. Il y a plusieurs motifs à cette prise de position:

Document d'information nº 5

Le point de vue de la Grande-Bretagne


La Grande-Bretagne se relève à peine d'une guerre onéreuse, la guerre de Sept Ans (1756-1763), qui devait lui permettre d'écraser la France et de protéger ses colonies en Amérique. Elle est très mécontente de la contribution des milices coloniales à cette guerre. Elle a dû elle-même en assumer toutes les dépenses et presque tous les combats afin d'empêcher la conquête des colonies par la France. Les colonies avaient refusé de fournir les troupes, les fonds et le matériel pour défendre l'Amérique du Nord. La Grande-Bretagne s'est vue contrainte de faire des emprunts considérables pour payer les coûts d'une guerre qui visait à protéger les Treize colonies des Français.

La Grande-Bretagne croit qu'il est temps que les Treize colonies lui remboursent les sommes engagées pour leur propre défense. La marine britannique avait assuré leur sécurité et leur protection en gardant les voies maritimes ouvertes pour le commerce, et les colonies en avaient tiré des bénéfices. En 1774, les colonies ont atteint un niveau de vie qui représente probablement le revenu moyen le plus élevé au monde. Elles ont donc les moyens de payer pour leur protection.

Le gouvernement britannique Les hommes d'affaires britanniques L'armée britannique

Document d'information nº 6

Les colonies devraient-elles faire sécession?


Le bon sens (Common Sense)

D'après Thomas Paine (1776)

Thomas Paine croit que l'indépendance est la seule voie possible pour les colonies. Selon lui, cela relève du bon sens. Radical anglais, Paine n'émigre à Philidelphie qu'en 1774. Le texte qui suit est un résumé, en langage moderne, de son article intitulé Common Sense.

On a beaucoup écrit au sujet de la résistance de l'Amérique contre l'Angleterre. Nombreux sont ceux qui ont tenté de régler les désaccords, mais les débats sont terminés. Ce sont désormais les armes qui régleront le conflit.

Lontemps, nous avons été trompés par manque d'analyse de la situation. Nous nous sommes félicités de la protection de la Grande-Bretagne sans jamais nous rendre compte que ses motivations étaient égoïstes; elles ne nous protégeait pas de nos ennemis pour notre bien à nous, mais pour le sien.

«Tout ce qui est juste et naturel plaide en faveur de la séparation. Le sang versé par les morts, le cri plaintif de la nature s'élève. L'heure de la séparation est arrivée. Même la distance que le Tout-puissant a mise entre l'Angleterre et l'Amérique est une preuve naturelle, et très forte, que la dominance de l'une par l'autre n'a jamais fait partie du dessein céleste...»

«... en Amérique, la loi est notre roi». Dans les pays soumis au pouvoir absolu, c'est le roi qui est la loi, mais dans les pays libres, c'est la loi qui devrait régner, et il ne devrait y avoir aucune autorité autre que la loi.

«En vertu de nos droits naturels, nous aurons notre propre gouvernement...»

Document d'information nº 7

Les colonies devraient-elles se séparer de la Grande-Bretagne?


Les intérêts véritables de l'Amérique


D'après Charles Inglis (1776)

Ministre de l'Église anglicane, Charles Inglis fait appel à l'esprit de réconciliation. En fin de compte, il a dû choisir l'exil en Angleterre en 1783. Le texte qui suit est un résumé, en langue moderne, de son article intitulé The True Interest of America (Les intérêts véritables de l'Amérique).

Il existe nombre d'avantages à la réconciliation entre les colonies et le Grande-Bretagne.

«Les Américains sont en réalité des Britanniques. Ils partagent leurs manières, leurs habitudes et leurs idées; il se sont, en outre, habitués à une forme de gouvernement semblable à la leur.» Il est néanmoins vrai que les Britanniques n'ont jamais pu supporter les extrêmes, ni de la monarchie, ni de la démocratie. La démocratie ne convient pas à un peuple commun et sans éducation, et l'Amérique est trop vaste pour la démocratie.

Une déclaration d'indépendance de la part de l'Amérique nous empêcherait de faire la paix avec la Grande-Bretagne. Nous avons déjà tous les avantages de l'indépendance sans en avoir les inconvénients. En déclarant notre indépendance, nous allons perdre toute l'assistance que pourraient nous apporter nos amis en Angleterre, et nous serons perçus comme des rebelles et traités en conséquence.

La situation de l'Amérique est loin d'être désespérée. Je suis confiant qu'elle peut régler ses différends avec la Grande-Bretagne tout en obtenant de bonnes conditions. Quelques années de paix suffiront à l'Amérique pour essuyer toutes ses pertes. Elle acquerra vite sa maturité et pourra bientôt rendre à la Grande-Bretagne tous les bienfaits que celle-ci lui a accordés.

Document d'information nº 8

La réaction américaine: La Déclarations d'indépendance


La Déclaration d'indépendance vis-à-vis de la Grande-Bretagne a été rédigée par Thomas Jefferson, dont l'argumentation est largement tirée du Deuxième traité sur le gouvernement (1689) du philosophe anglais John Locke.

La déclaration unanime des treize États-Unis d'Amérique a été adoptée par le Congrès continental, le 4 juillet 1776. Le texte qui suit est un résumé, en langue contemporaine, de la Déclaration d'indépendance.

Lorsqu'il devient nécessaire pour un peuple de briser ses liens politiques avec un autre, et d'assumer l'indépendance et l'égalité qui lui reviennent de droit, conformément aux lois de Dieu et de la nature, il est normal qu'il explique les raisons pour lesquelles il agit ainsi.

«Nous tenons ces vérités pour évidentes par elles-mêmes - que tous les hommes naissent égaux, que leur Créateur les a dotés de certains droits inaliénables (des droits qui ne peuvent pas être enlevés), notamment la vie, le liberté et la recherche du bonheur...»

Pour protéger ces droits, le peuple se donne des gouvernements auxquels il accorde l'autorité d'exercer le pouvoir. Mais lorsque le gouvernement abuse de ses pouvoirs et enlève au peuple ses droits, le peuple a le droit de le changer ou de l'abolir et de le remplacer par un nouveau système de gouvernement dont l'organisation lui paraît plus propice à la protection de ses droits. La sagesse nous dicte, néanmoins, que les gouvernements qui sont en place depuis longtemps ne devraient pas être renversés sans motif grave; l'histoire nous apprend que les peuples ont tendance à endurer longtemps leurs souffrances avant de renverser un gouvernement auquel ils se sont habitués. mais lorsque les abus s'accumulent et que le peuple perd constamment ses libertés, il a le droit, et même le devoir de rejeter le système gouvernemental pour en instituer un nouveau qui protégera ses droits.

Les colonies ont longtemps enduré, avec patience, tous les abus. Mais la situation s'est tellement dégradée qu'il leur faut maintenant créer un nouveau mode de gouvernement. L'histoire de l'actuel roi de Grande-Bretagne est une suite d'injures et une répitition d'outrages qui visent à établir une complète tyrannie sur les colonies. Les faits suivants prouvent que nous avons raisonééé

À chaque étape de cette série d'abus, nous avons humblement demandé que ceux-ci soient réparés, mais on s'est moqué de toutes nos requêtes. Un roi qui agit de la sorte est indigne de régner sur un peuple libre.

Nous n'avons pas davantage ignoré nos frères britanniques. Maintes fois nous leur avons dit que leur législature étendait ses pouvoirs au-delà de son territoire. Nous leur avons rappelé que nous étions partis de la Grande-Bretagne pour venir vivre ici. Nous avons fait appel à leur générosité et à leur sens de la justice, nous leur avons demandé de manifester leur opposition aux actions de leur gouvernement qui menaçait de briser les liens de fraternité entre Anglais et Américains. Eux aussi sont restés sourds à nos préoccupations. Nous devons donc, avec regret, nous séparer d'eux et «les considérer, dans la guerre comme des ennemis, dans la paix comme des amis».

En conséquence, nous, représentants des États-Unis d'Amérique, prenant Dieu à témoin de la droiture de nos actions, et en vertu de l'autorité que nous a conférée le peuple de ces colonies, déclarons que nous sommes des «États libres et indépendants»; que nous somme libres de tout lien avec la Couronne britannique et que toutes les relations politiques entre l'Amérique et la Grande-Bretagne sont rompues; et que le peuple d'Amérique a plein pouvoir de déclarer la guerre, de contracter des alliances et des traités, de commercer librement et de faire tout ce que les États indépendants ont le droit de faire. Et pour appuyer cette déclaration, plaçant notre confiance en Dieu, «nous donnons et gage les uns et les autres, nos vies nos fortunes et notre honneur sacré».

Document d'information nº 9

Le point de vue féminin sur la Déclaration d'indépendance


John Adams est l'un des personnages clés de la rédaction de la Déclaration d'indépendance. Peu de temps après, il devient le deuxième président des États-Unis. Lorsque ses activités politiques le retiennet loin de son foyer pendant de longues périodes, son épouse Abigail s'occupe de la ferme et des enfants. Elle lui écrit de nombreuses lettres lorsqu'il est à Philidelphie où il prépare la Déclaration d'indépendance. Voici des extraits de deux de ses lettres ainsi que l'unique réponse de John Adams au problème qu'elle soulève.


Abigail à John, 31 mars 1776

... dans le nouveau Code des lois que vous devrez, je suppose, rédiger, j'aimerais que vous ayez un souvenir pour les dames, et que vous vous montriez plus généreux et plus favorables à leur égard que vos ancêtres. Ne placez pas le même pouvoir illimité entre les mains des maris. Rappelez-vous, tous les hommes seraient des tyrans s'ils le pouvaient. Si vous ne portez pas un soin et une attention particuliers aux dames, nous sommes décidées à formenter une rébellion, et nous ne serons pas liées par des Lords où nous n'avons ni droit de parole, ni représentation.

Que votre sexe soit tyrannique de nature est une vérité si bien établie qu'elle n'admet aucun contredit; mais que ceux d'entre vous qui désirez le bonheur, cèdent de bonne grâce le dur titre de maître pour celui plus tendre et plus engageant d'ami. Pourquoi, donc, ne pas mettre hors de la portée des vicieux et des sans-loi d'user avec nous de cruauté et d'indignité impunément. Les hommes de raison de toutes les époques abhorrent ces coutumes qui nous traitent uniquement comme les vassales de votre sexe. Voyez nous plutôt comme placées par la providence sous votre protection et en imitation de l'Être suprême, n'usez de votre pouvoir que pour faire notre bonheur.


John à Abigail, 14 avril 1776

Quant à votre extraordinaire Code, je ne puis qu'en rire. Nous apprenons que notre lutte a partout fait relâcher les rênes au gouvernement. Que les enfants et les apprentis sont désobéissants - que les écoles et les collèges sont remplis de turbulence - que les Indiens ne respectent plus leurs gardiens et que les nègres sont devenus insolents envers leurs maîtres. Mais votre lettre est la première individu qu'une nouveele tribu, plus puissante et plus nombreuse que toutes les autres, est, elle aussi, mécontente.

... Nous sommes trop avisés pour abroger nos systèmes masculins. Quoiqu'ils soient en plein vigueur, vous savez qu'ils ne sont guère qu'une théorie. Nous n'exerçons pas nos pouvoirs dans toute leur latitude. Nous devons aller avec précaution, et en douceur, et vous savez qu'en pratique nous sommes les sujets.

De maîtres, nous n'avons que le nom, et plutôt que céder celui-ci, ce qui nous assujettirait complètement au despotisme des jupons, j'ose croire que le général Washington et tous nos braves héros lèveraient les armes.


Abigail à John, 7 mai 1776

Je ne puis dire que je vous trouve très généreux envers les dames; car, tout en proclamant la bonne volonté et la paix pour les Hommes, en émancipant toutes les nations, vous insistez pour maintenir votre pouvoir absolu sur les épouses. Néanmoins, souvenez-vous que le pouvoir arbitraire a la qualité de tout ce qui est dur et rigire, il est beaucoup plus susceptible de casser - et malgré toute la sagesse de vos lois et de vos maximes, nous avons le pouvoir non seulement de nous libérer, mais aussi de subjuger nos maîtres et, sans violence, de mettre à genoux et votre nature et votre autorité légale...

Document d'information nº 10

John Locke déclare que tous les hommes naissent égaux


Les hommes étant, ainsi qu'on l'a dit, libres, égaux et indépendants de par leur nature, nul ne doit être privé de son état ni assujetti au pouvoir politique d'un autre sans son consentement; ce qui se fait en vertu d'un accord avec d'autres hommes afin de se joindre et de s'unir en communauté pour que les uns et les autres mènent une vie confortable, sûre et paisible... la majorité ayant le droit d'agir et de conclure pour les autres...

Voici les bornes que... la société, ainsi que la loi de Dieu et de la Nature, imposent au pouvoir législatif de toute communauté politique...

Document d'information nº 11

La réaction des colonies
Le bon sens (Common Sense)

Thomas Paine (1776), traduction

Selon Thomas Paine, la révolution est la seule voie possible pour les colonies. Cela relève, d'après lui, du bon sens. Paine est un radical anglais installé à Philidelphie depuis 1774.


«On a écrit des volumes au sujet de la lutte entre l'Angleterre et l'Amérique. Des hommes de tous les rangs se sont engagés dans la controverse, animés par des motifs et des desseins divers; mais ils ont été inefficaces, et le temps des débats est clos. Les armes sont la dernière ressource pour régler le conflit...

Hélas! Nous avons été longtemps distraits par d'anciens préjudices, et avons beaucoup sacrifié à la superstition. Nous nous félicitions de la protection de la Grande-Bretagne sans considérer qu'elle était motivée par l'intérêt, et non pas par un lien d'affection; et qu'elle ne nous protégeait pas de nos ennemis parce qu'elle ne se préoccupait pas de nous, mais de ses propres ennemis parce qu'elle se préoccupait d'elle-même...

Tout ce qui est juste et naturel plaide en faveur de la séparation. Le sang des morts, le criplaintif de la nature s'élève. L'heure de la séparation est venue. Même la distance que le Tout-puissant a mise entre l'Angleterre et l'Amérique est une preuve naturelle, et très forte, que la domination de l'une par l'autre n'a jamais fait partie des desseins du ciel...

... en Amérique, la loi est notre roi. De même que dans les systèmes abslutistes le roi incarne la loi, ainsi, dans les pays libres, c'est la loi qui devient notre roi, et il ne doit y en avoir aucun autre...

Nous avons un droit naturel d'instituer notre propre gouvernement...»

Document d'information nº 12

La réaction des colonies


Les intérêts véritable de l'Amérique

Charles Inglis (1776), traduction

Le ministre anglican, Charles Inglis, fait appel à l'esprit de réconciliation. Il se voit néanmoins obligé de rentrer définitivement en Anglaterre, en 1783.


«J'estime qu'il n'est pas difficile de faire valoir les avantages nombreux qui accompagneront certainement notre réconciliation et le rétablissement de nos liens avec la Grande-Bretagne selon un plan constitutionnel solide...

Les Américains sont indiscutablement des Britanniques. Ils en ont les manières, les habitudes et les idées; et ils sont accoutumés à une forme de gouvernement semblable. Il faut se rappeler que les Britanniques n'ont jamais pu souffrir les extrêmes, qu'ils proviennent de la monarchie ou de la république...

Outre le caractère inapproprié de la formule républicaine quant au génie du peuple, l'Amérique est trop vaste pour son application...

... Une Déclaration d'indépendance de la part de l'Amérique exclurait toute entente éventuelle et ne servirait aucune fin utile. Nous jouissons présentement de tous les bienfaits de l'indépendance, sans en avoir les inconvénients. Une déclaration de notre indépendance nous ferait perdre, sur le champ, tout le soutien que nous apportent nos amis d'Angleterre... et nous serions, en outre, perçus comme des rebelles et traités en conséquence...

L'Amérique est encore loin de se trouver dans une situation désespérée. J'ai toute confiance que l'Angleterre lui offrira des conditions honorables et avantageuses. Quelques années de paix et l'Amérique aura épongé toutes ses pertes. Elle atteindra bientôt sa maturité et elle sera en mesure, non seulement de rembourser amplement la mère-patrie de tous ses bienfaits, mais de reconnaître, également, à quel point elle est son obligée...»

Document d'information nº 13

La réaction des colonies


La Déclaration d'indépendance vis-à-vis de la Grande-Bretagne fut rédigée par Thomas Jefferson, qui fonda son argumentation sur le Deuxième traité sur le gouvernement civil (1689), du philosophe anglais, John Locke.

La déclaration unanime des treize États-Unis d'Amérique fut proclamée par le Congrès continental, le 4 juillet 1776.


La Déclaration d'indépendance

Lorsque, dans le cours des événements humains, un peuple se voit dans la nécessité de rompre les liens politiques qui l'unissent à un autre, et de prendre parmi les puissances de la terre le rang égal et distinct auquel les lois de la nature et de Dieu lui donnent droit, un juste respect de l'opinion des hommes exige qu'il déclare les causes qui l'ont poussé à cette séparation.

Nous tenons ces vérités pour évidentes par elles-mêmes - que tous les hommes naissent égaux, que leur Créateur les a dotés de certains droits inaliénables, parmi lesquels la vie, la liberté et la recherche du bonheur.

Que pour garantir ces droits, les hommes institutent des gouvernements dont le juste pouvoir émane du consentement des gouvernés; que si un gouvernement, quelle qu'en soit la forme, vient à méconnaître ces fins, le peuple a le droit de le modifier ou de l'abolir et d'instituer un nouveau gouvernement qu'il fondera sur tels principes, et dont il organisera les pouvoirs selon telles formes qui lui paraîtront les plus propres à assurer sa sécurité et son bonheur. La prudence recommande sans doute de ne pas renverser, pour des causes légères et passagères, des gouvernements établis depuis longtemps; aussi a-t-on toujours vu les hommes plus disposés à souffrir des maux supportables qu'à se faire justice en abolissant les formes auxquelles ils étaient accoutumés. Mais lorsqu'une longue suite d'abus et d'usurpations, invariablement tendus vers le même but, marque le dessein de les soumettre à une despotisme absolu, il est de leur droit, il est de leur devoir de renverser le gouvernement qui s'en rend coupable, et de rechercher de nouvelles sauvegardes pour leur sécurité future.

Telle fut la longue patience de ces colonies, et telle est aujourd'hui la nécessité qui les contraint à changer leur ancien système de gouvernement. L'histoire de celui qui règne aujourd'hui sur la Grande-Bretagne est une histoire d'injustices et d'usurpations répétées ayant toutes pour direct objet l'établissement d'une tyrannie absolue sur nos États. Pour en faire la preuve, il suffit de soumettre les faits au jugement d'un monde impartial... À chaque étape de l'opression, nous avons réclamé justice dans les termes les plus humbles; à nos pétitions répétées, il ne fut répondu que par des injustices répétées. Un prince dont le caractère s'affirme ainsi, en des actes qui, tous, définissent un tyran, ne peut prétendre gouverner un peuple libre.

Nous n'avons pas davantage réussi à capter l'attention de nos frères britanniques. Nous leur avons représenté périodiquement que leur législature tentait d'étendre illégalement sa juridiction jusqu'à nous. Nous leur avons rappelé les criconstances dans lesquelles nous avons émigré et fondé ici des colonies. Nous avons fait appel au sens inné de la justice et à la grandeur d'âme qui sont censés les habiter, et nous les avons conjurés au nom des liens de parenté qui nous unissent de désavouer ces usurpations qui conduiraient inévitablement à la rupture de nos liens et de nos rapports. Eux aussi sont restés sourds à la voix de la justice et de la consanguinité (les liens de sang). Nous devons donc nous incliner devant la nécessité, etproclamer la séparation. Nous devons, comme nous le faisons pour le reste de l'humanité, les considérer, dans la guerre comme des ennemis, dans la paix comme des amis.

En conséquence, Nous, représentants des États-Unis d'Amérique, réunis en Congrès plénier, prenant le Juge suprême du monde à témoin de la droiture de nos intentions, au nom et par délégation du bon peuple de ces colonies, affirmons, et déclarons solennellement que ces colonies unies sont et doivent être en droit des États libres et indépendants; qu'elles sont relevées de toute fidelité à l'égard de la Couronne britannique, et que tout lien entre elles et l'État de la Grande-Bretagne est et doit être entièrement dissous; et qu'elles ont, en tant qu'États libres et indépendants, plein pouvoir de faire la guerre, de conclure la paix, de contracter des alliances, d'établir des relations commerciales, d'agir et de faire toutes autres choses que les États indépendants sont fondés à faire. Et pour le soutien de cette déclaration, mettant notre pleine confiance dans la protection de la divine Providence, nous donnons en gage les uns et les autres, nos vies, nos fortunes et notre honneur sacré.

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