A. Objectifs spécifiques
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Valeurs, critères, vision du monde, paradigmes, mutation paradigmatique, causalité.
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| Connaisances: |
Savoir qu'à certains points de l'histoire, les paradigmes changent de manière importante.
Savoir que ces mutations paradigmatiques causeront de grands changements dans la société.
Savoir que la Réforme est une des mutation paradigmatique qui a déterminé dans une large mesure les formes actuelles de religion.
Connaître les critères fondamentaux que la société médiévale acceptait comme base de ses paradigmes de religion.
Connaître la base sur laquelle Luther a défié l'Église établie.
Connaître les critères fondamentaux qui ont servi de base à la révolution scientifique.
Savoir que des organisations politiques non démocratiques sont basées sur des philosophies qui sont logiques dans leurs suppositions.
Savoir en quoi les paradigmes font que les gens interprètent l'information de différente manière en n'insistant pas sur les mêmes aspects.
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| Habiletés: |
Résumer des informations.
Interpréter ce qu'on lit en faisant des inférences.
Distinguer les faits des opinions.
Évaluer si les données sont adéquates et fiables.
Placer des données en séquence selon l'ordre dans lequel elles ont eu lieu ou selon leur importance.
Présenter les informations de manière claire et logique pour montrer les relations significatives.
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| Valeurs: |
Comprendre en quoi les valeurs servent de critères dans la démarche de prise de décision.
Comprendre en quoi les valeurs diffèrent en ce qui concerne leurs définitions et leurs applications.
Comprendre que des points de vue basés sur des suppositions différentes peuvent être différents et valables.
Comprendre l'importance du rôle des valeurs lorsqu'il s'agit de diriger le comportement humain. |
B. Stratégies d'enseignement
La période entre le seizième et le dix-neuvième siècle représente une époque de l'histoire pendant laquelle de nombreuses mutations paradigmatiques ont eu lieu. Faire examiner aux élèves les paradigmes du Moyen Âge et les nouveaux paradigmes qui se sont développés à cette époque. L'exercice se fera par la simulation de trois procès historiques importants :
- Martin Luther - mutation du paradigme religieux;
- Galilée - mutation du paradigme de la connaissance;
- Charles Ier - mutation du paradigme politique.
Dans un premier temps, demander aux élèves de faire un remue-méninges et de discuter des événements importants que l'on pourrait considérer comme des tournants dans l'histoire. Placer ces événements sur une ligne du temps.
Ensuite les élèves sont divisés en six groupes, l'un représentera l'Église et accusera Luther, l'autre groupe le défendra; les deux groupes suivants accuseront et défendront Galilée et les deux derniers groupes feront la même chose pour Charles Ier.
Chaque groupe devra être encouragé à s'identifier avec son paradigme et à présenter un cas raisonné dans le cadre de ce paradigme.
Au moment de la présentation par l'un des groupes, les deux autres pourront jouer le rôle de jury dans le cas présenté. Les élèves jugeant le cas doivent également prendre des décisions raisonnées qui pourront être justifiées. Voir les documents de préparation. Ensuite voir les feuilles de travail destinés à l'accusation et à la défense dans le procès de Luther, dans le procès de Galilée et dans le procès de Charles I.
C. Notes explicatives
Cette activité est destinée à illustrer de manière concrète le concept de mutation paradigmatique. La période entre le seizième et le dix-neuvième siècle représente une époque de l'histoire pendant laquelle de nombreuses mutations paradigmatiques ont eu lieu.
Cette stratégie donnera l'occasion aux élèves d'examiner les points de vue des paradigmes du Moyen Âge et les nouveaux paradigmes qui se sont développés à cette époque. L'exercice se fera par la simulation de trois procès historiques importants :
- Martin Luther - mutation du paradigme religieux.
- Galilée - mutation du paradigme de la connaissance.
- Charles Ier - mutation du paradigme politique.
Les apprentissages essentiels communs favorisés sont: la communication (session de remue-méninges, discussions, présenter les arguments durant le procès, délibérer); le raisonnement critique (présenter les arguments, délibérer, prendre des décisions raisonnées qui pourront être justifiées); l'apprentissage autonome (préparer les arguments qui seront présentés); les capacités et valeurs personnelles et sociales (possibilité que les arguments et le jugement soient fondés sur certaines croyances et valeurs fondamentales); l'initiation à la technologie (possibilité que le bien-fondé des arguments repose sur certaines suppositions scientifiques).
D. Matériel requis
Pour le procès de Luther
Pour le procès de Galilée
Pour le procès de Charles Ier
E. Suggestions d'évaluation
Évaluer le niveau d'effort et de participation de chaque élève durant les sessions de préparation et de simulation du procès. L'enseignante pourra évaluer l'élève d'après les critères suivants :
- prend bien en main ses responsabilités;
- collabore de façon positive avec les autres;
- fait l'effort voulu en vue d'une bonne préparation pour la simulation de procès;
- s'efforce de consulter autant de ressources que possible;
- joue son rôle avec conviction;
- s'oblige de suivre attentivement les directives;
- respecte la dignité des autres;
- prend le projet au sérieux.
Évaluer la qualité d'expression orale durant la simulation de chaque procès. L'enseignante pourra évaluer l'élève d'après les critères suivants :
- s'exprime bien en ses propres termes;
- s'exprime de façon claire et précise;
- fait preuve de raisonnement logique;
- fait preuve d'une bonne préparation; appuie bien ses idées;
- présente ses arguments avec conviction;
- pèse soigneusement le pour et le contre (jury), en se basant sur ses valeurs et croyances personnelles.
F. Durée approximative
Comment organiser une bonne simulation de procès
La chose la plus importante dont il faut se souvenir lorsqu'on fait des simulations en classe est de donner à chacun un rôle et de s'assurer que chacun comprend bien les objectifs du jeu.
Donner à chacun un rôle :
- Selon la taille de la classe, faire deux ou trois procès. Pour une classe de trente élèves, il en faudra trois. Les rôles se divisent de la manière suivante:
- L'accusation
- Deux avocats de la Couronne (selon la taille de la classe et les capacités et la motivation des élèves)
- Trois élèves pour jouer le rôle des témoins de l'accusation (il sera peut-être nécessaire que les élèves jouent plusieurs rôles de témoins)
- La défense
- Deux avocats de la défense (selon la taille de la classe et les capacités et la motivation des élèves)
- Trois élèves pour jouer le rôle des témoins de la défense (il sera peut-être nécessaire que les élèves jouent plusieurs rôles de témoins)
Total de dix rôles, multiplié par trois procès: trente rôles.
- Fonctionnement de la cour
- Un juge = un rôle
- Un huissier = un rôle
Total: 32 rôles
- Dix élèves seront chargés de présenter chaque procès, et deux, de faire fonctionner la cour. Le reste des élèves représentera le jury et devra écouter les présentations avec attention, de façon à pouvoir rendre un verdict en toute connaissance de cause.
S'assurer que chacun comprend bien les objectifs du jeu :
- Il est important que les élèves sachent ce qu'ils ont à faire et comment il faut le faire.
- Les élèves seront plus motivés si on discute en classe des procédures adoptées en cour.
- On pourrait discuter des points suivants :
- La formulation et la présentation de l'accusation.
- Il revient à l'avocat de la Couronne de formuler l'accusation devant le juge.
- La réponse de l'avocat de la défense.
- La responsabilité des avocats de la défense est de guider le défendeur dans ses réponses.
- Développement et présentation de l'affaire par l'accusation et la défense.
- Les deux groupes devraient être encouragés à faire une première exposition des faits. Ils devront :
- Expliquer au jury ce qu'ils veulent prouver.
- Décrire la situation et les événements qui ont eu lieu, afin que le jury sache ce qu'il se passe.
- Les deux groupes devront alors être prêts à présenter les preuves au jury:
- Ils feront venir les témoins à la barre (discuter de la notion de simples ouï-dire non-admissibles avec les élèves.)
- Ils présenteront les faits qui soutiennent leur cause.
- Chaque groupe devra être prêt à intérroger contradictoirement les témoins de l'autre. Discuter de la notion de questions tendancieuses (questions posées aux témoins de manière à suggérer la réponse), de harcèlement, de la façon d'induire en erreur, etc. On pourra discuter à cet égard du rôle du juge, qui est d'assurer l'équité.
- Les deux groupes présenteront leur récapitulation finale au jury, au cours de laquelle ils montreront comment ils ont prouvé leur cause sans le moindre doute raisonnable et pourquoi le jury devrait trouver le défendeur coupable ou innocent.
- Le rôle du juge
- Assurer l'équité.
- Présenter l'accusation au jury.
- Condamner le défendeur s'il est reconnu coupable.
- Le rôle du jury
- Garder l'esprit ouvert jusqu'à ce que toutes les preuves aient été présentées.
- Discuter de toutes les preuves avant de prendre une décision.
- Donner un verdict unanime sans le moindre doute raisonnable.
- Dans cette sorte de situation à but éducatif, il est utile de ne pas faire sortir le jury de la salle pour ne pas prendre la décision en privé. Les élèves faisant partie du jury devraient avoir à répondre de leur décision, afin qu'ils apprennent qu'il est très important de prendre une décision en ce qui concerne les critères (paradigmes) qu'ils vont choisir comme base de leur décision. Le jury ne devrait pas être autorisé à prendre sa décision sur n'importe quelle base fantaisiste.
Une fois que les élèves ont bien compris les points qui précèdent, ils vont commencer à faire des recherches pour préparer leur cause.
L'enseignant aura le rôle important d'aider les élèves à conceptualiser et organiser les notions qu'ils veulent présenter.
Pour aider les élèves à faire leurs recherches pour leur procès
On trouvera un modèle qui permettra à l'élève d'organiser et de présenter son information. Les feuilles de travail sont destinées à permettre aux élèves d'organiser leur information de manière simple, de façon à ce qu'ils puissent voir quels témoins il faut qu'ils fassent venir à la barre et quelles questions ils doivent leur poser. Il est important pour la réussite du procès que l'on encourage les élèves à organiser et à présenter leurs informations de manière systématique.
Quelques erreurs et problèmes typiques :
- Les élèves représentant les avocats ne se rendent pas compte de l'importance de présenter l'historique de leur cas au jury de façon claire pour que celui-ci comprenne de quoi il retourne.
- La défense présume qu'il n'y a pas besoin d'expliquer sa propre version de l'histoire puisque l'accusation a déjà présenté les faits.
- Il faudra aider les élèves à identifier les témoins qu'ils veulent faire venir à la barre. Ceux-ci pourront être imaginaires, pourvu que les preuves présentées soient valables du point du vue historique.
- Le plus simple, pour les élèves représentant les avocats qui veulent faire valoir leur cause, est de faire déposer des témoins appropriés qui témoigneront pour chacune des parties de l'histoire qu'ils tentent de faire valoir. Il faudrait aider les élèves à comprendre que les réponses des témoins aux questions qui leur sont posées devraient d'une certaine manière convaincre le jury de la validité de la cause présentée.
- Il faudrait enfin encourager les élèves à tenter de s'assurer que le jury interprète de manière «correcte» ce qu'il a entendu et fasse les inférences «correctes». Cette dernière colonne fera partie du résumé que l'avocat présentera au jury.
À cette étape du projet, les groupes devront se partager les rôles :
- Un ou deux élèves par groupe pourront se préparer à prendre le rôle de l'avocat.
- Pour la défense, un élève par groupe sera le défendeur.
- Le reste jouera le rôle des divers témoins nécessaires dans cette affaire.
- Il est important d'insister pour que les témoins se familiarisent suffisamment avec l'affaire, de façon à savoir comment réagir lors de l'examen contradictoire de l'avocat ou des avocats de la partie opposée.
Une fois que les élèves ont terminé le travail préparatoire, il faudra les encourager à faire des suppositions sur la manière dont la partie opposée va traiter l'affaire. Ceci est particulièrement important pour les avocats lorsqu'ils préparent leur examen contradictoire. Il est également important que chaque témoin se prépare en tentant d'imaginer les sortes de questions qui vont leur être posées lors de l'examen contradictoire. Ceci est tout spécialement vrai pour le défendeur s'il ou elle doit témoigner.
Tableau récapitulatif pour l'accusation et la défense
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Témoins qui déposeront à la barre (pour présenter les faits en faveur de votre client)
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Questions posées à chaque témoin (pour fournir des preuves qui aideront le jury à croire votre point de vue)
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Tableau récapitulatif pour l'accusation et la défense
Témoignage de chacun des témoins appelés à la barre
(réponses que vous vous attendez à recevoir de chacun des témoins)
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Interprétations et inférences que vous aimeriez que le jury fasse à partir du témoignage de votre témoin.
(ceci pourra servir de base au résumé que vous présenterez au jury)
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Tableau récapitulatif: Prise de décision du jury
Faits significatifs dont vous vous souvenez dans cette affaire.
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Critères que vous utiliserez pour juger l'affaire
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Votre décision et les raisons qui la sous-tendent
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La Réforme

Les grands lignes de l'affaire, du point de vue de Luther
Moine catholique, Luther se mit à douter de certaines des doctrines ou croyances de l'Église. Il contesta, notamment, la vente des lettres d'indulgence. Cette pratique consistait à vendre aux pécheurs une lettre du pape qui effaçait la punition pour les péchés et qui garantissait le salut éternel. En affirmant que la vente d'indulgences était condamnable, Luther affirmait que le pape était condamnable, puisque c'est ce dernier qui en avait donné l'autorisation. Le pape, par contre, maintenait qu'il détenait l'autorité suprême en tout ce qui avait trait à la foi. En effet, d'après les évangiles, l'Église et son chef sont infaillibles. En contestant la vente des lettres d'indulgence, Luther contestait donc l'autorité du pape ainsi que ses qualités de chef suprême et infaillible de l'Église catholique romaine.
Voici quelques arguments invoqués par Luther pour faire valoir ses idées:
- C'est la Bible, et non le pape, qui est l'autorité suprême en matière de foi religieuse.
- Du point de vue spirituel, tous les membres de l'Église sont égaux; les papes ne sont pas supérieurs aux paysans du point de vue spirituel et, par conséquent, sont sujets au péché comme le sont les paysans.
- On ne mérite pas la faveur de Dieu au moyen de nos bonnes actions, c'est au contraire un don gratuit accordé à tous ceux qui croient en Dieu et qui suivent sa doctrine.
- Les papes sont soumis à l'autorité temporelle (les gouvernements laïques).
Les grands lignes de l'affaire, du point de vue de l'Église
L'Église défend l'autorité du pape en rappelant certains versets de la Bible où il est dit que Jésus a donné à Pierre la mission de prendre soin de son Église. Les papes ont toujours cru que les pouvoirs accordés à Pierre par Jésus avaient été transmis à chacun d'eux. C'est en vertu de ces pouvoirs que les papes se sont toujours considérés comme infaillibles en matière de foi religieuse, c'est-à-dire parfaits, incapables de commettre une erreur.
Voici quelques arguments avancés par l'Église pour faire valoir son point de vue:
- De simples particuliers comme Martin Luther n'ont pas le droit d'interpréter la Bible et d'en affirmer telle ou telle vérité; cette interprétation est réservée au Concile, qui est la réunion de tous les évêques présidée par le pape.
- Les enseignements de Jésus nous apprennent qu'il faut faire de bonnes actions pour mériter le salut éternel.