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Min. Éducation Saskatchewan

Directives pédagogiques

L’environnement langagier

La salle de classe est souvent le seul lieu où l’élève d’immersion vit en français. Cette classe doit donc constituer un environnement aussi riche et stimulant que possible pour l’acquisition de la langue seconde.

On doit voir beaucoup de français écrit affiché dans la classe: listes de mots préparées avec les élèves au cours de remue-méninges, schémas conceptuels élaborés par les élèves, consignes variées, affiches rappelant les étapes de démarches employées régulièrement, etc.

Mise en garde: il est essentiel qu’un processus de révision et de correction soit établi pour que tout matériel affiché dans la classe offre un bon modèle et puisse servir d’outil de référence aux élèves.

Une grande variété de documents écrits doivent être disponibles dans la classe elle-même: livres, revues, brochures, journaux, annonces publicitaires, modes d’emploi, etc.

Si possible, les élèves devraient aussi avoir accès à divers enregistrements sonores: chansons et comptines chez les plus jeunes, textes informatifs et récits.

 

Savoir parler à ses élèves

L’enseignant doit faire un effort conscient pour être bien compris de ses élèves. Voici quelques-unes des stratégies recommandées.

Utiliser un langage clair et prévisible

Dans notre conversation quotidienne, nous utilisons souvent des phrases incomplètes, entrecoupées, exprimant plusieurs pensées en même temps ou revenant sur un même pensée. Il nous faut donc faire un effort conscient, en parlant à nos élèves d’immersion, pour éviter ce phénomène qui entrave la compréhension. On recommande d’imiter — en adaptant selon le degré de compétence des élèves — la façon de parler que les parents utilisent avec leurs jeunes enfants qui apprennent à parler.

Adopter un débit naturel, mais pas trop rapide

En début d’apprentissage ou lorsqu’on aborde des concepts compliqués, on veillera à ralentir légèrement son élocution pour faciliter la compréhension. Parler naturellement cependant, en tenant compte du niveau intellectuel des élèves.

Éviter les termes ou expressions inconnus si la situation ne justifie pas leur emploi

Mieux vaut utiliser des termes simples et connus des élèves dans les explications ou les directives, tout en évitant de simplifier outre mesure sa manière de s’exprimer. On planifiera soigneusement les leçons de manière à présenter le vocabulaire et les expressions dans des contextes qui en facilitent la compréhension.

Utiliser beaucoup d’indices pour faciliter la compréhension

Attirer l’attention des élèves, le plus souvent possible, sur des indices visuels comme des objets ou des images. Naturellement, cette tâche est plus facile s’il y a dans la classe de nombreux objets, affiches et illustrations reliés aux thèmes des unités.

On facilitera également la compréhension en faisant des mimiques et des gestes ou en jouant sur les intonations.

Utiliser des synonymes ou des paraphrases pour faciliter la compréhension

Lorsqu’il emploie un terme que les élèves risquent de ne pas connaître, l’enseignant doit l’accompagner d’un synonyme ou d’une paraphrase qui en éclaircira le sens.

Sélectionner des termes clés

Aider les élèves à distinguer les termes essentiels de termes moins importants: dans une unité, l’enseignant devra mettre en évidence les termes que ses élèves doivent connaître pour comprendre le contenu de la matière.

Ces mots et expressions seront affichés ou écrits au tableau. L’enseignant veillera à les utiliser dans divers contextes, au cours de chacune des étapes de la démarche pédagogique décrite à la page 10.

Intégrer si possible l’oral et l’écrit

Apporter le support de l’écrit dans les situations où des termes sont présentés oralement et inversement. La plupart des exemples décrits dans la section sur les méthodes d’enseignement permettent à l’élève de voir immédiatement la forme écrite des mots qu’ils entendent peut-être pour la première fois. Prévoir aussi par exemple, en complément d’une lecture, des activités de manipulation qui requièrent une interaction orale.

Vérifier régulièrement la compréhension des élèves au cours des explications

Observer les comportements qui pourraient révéler un manque de compréhension, comme des mimiques ou des mouvements des yeux. On cherchera à faire réagir les élèves, à provoquer leur intervention pour voir si ils saisissent le sens des explications. Demander si tout le monde a compris ne constitue pas une manière efficace de vérifier la compréhension: certains élèves n’osent pas interrompre pour indiquer qu’ils ou elles ne saisissent pas, d’autres ont peur de se ridiculiser auprès de leurs camarades.

Offrir le temps nécessaire après une question

Les élèves d’immersion ont généralement besoin de plus de temps pour répondre à une question, parce qu’ils recherchent la façon appropriée d’exprimer leur pensée.

 

Donner la parole à ses élèves

«Il semblerait que près des deux tiers du discours tenu dans la salle de classe puissent être attribués à l’enseignant, que ce soit dans le contexte de la langue maternelle ou de la langue seconde» (Tardif, 1991). Par ailleurs, les directives, la gestion de la classe ou la discipline prennent une place important à l’intérieur de ce discours.

Ces constatations sont inquiétantes quand on sait à quel point l’interaction est essentielle à l’apprentissage en langue seconde. Les méthodes d’enseignement basées sur l’interaction permettent en effet aux élèves, en s’impliquant activement dans des discussions significatives, de vérifier leurs hypothèses quant à la signification et à l’emploi correct des termes et des structures syntaxiques qu’ils entendent dans le discours de l’enseignant. Il faut donner aux élèves l’occasion de s’exprimer souvent et surtout ne pas limiter les échanges à un jeu de questions-réponses contrôlé essentiellement pas l’enseignant.

L’interaction ne peut être laissée au hasard. On facilitera le discours de l’élève en respectant les lignes directrices ci-dessous.

Encourager les élèves à employer des indices

Suggérer aux élèves des moyens de se faire comprendre sans employer la langue anglaise lorsque les mots appropriés ne leur viennent pas à l’esprit: leur suggérer des faire des gestes, d’employer des synonymes, de faire des paraphrases, de se référer à des listes de mots ou à des directives affichées dans la classe, etc.

«Échafauder» à partir des idées des élèves et négocier le sens et la forme

En immersion, tous les enseignants sont responsables de l’enseignement de la langue, en ce sens que tous se doivent de veiller à ce que les élèves apprennent à utiliser un vocabulaire juste et des structures syntaxiques correctes. Il ne s’agit pas de donner des leçons formelles, mais d’aider les élèves à préciser leur pensée en négociant avec eux les termes et les structures àemployer. L’enseignant s’y prend de deux manières:

Les dialogues des pages 39 et 190 illustrent cette stratégie.

Mise en garde: il faut souligner que cette stratégie à elle seule n’assure pas le développement d’une compétence linguistique adéquate: l’élève doit entendre une expression dans plusieurs contextes et avoir l’occasion de l’employer lui-même plusieurs fois pour que son utilisation devienne un automatisme.

Faire pendre conscience des processus d’«échafaudage» et de négociation du sens et de la forme

Les processus décrits ci-dessus seront d’autant plus efficaces si l’enseignant explique clairement aux élèves en quoi ils consistent et souligne leur utilité.

On encouragera les élèves à employer eux-mêmes certaines stratégies de négociation du sens et de la forme (Weber, 1991): poser des questions pour solliciter de la part de l’enseignant des renseignements supplémentaires ou des clarifications; tenter d’utiliser le terme ou l’expression qu’on vient d’entendre et inviter l’enseignant à confirmer qu’on l’a utilisé correctement.

Créer une atmosphère sécurisante

Encourager les élèves à prendre des risques, quitte à faire des erreurs. On rappellera aux élèves que l’erreur fait partie du processus d’apprentissage, qu’on apprend en faisant des erreurs. L’élève ne doit donc pas craindre d’être réprimandé ou ridiculisé pour ses erreurs.

Incorporer l’apprentissage coopératif a son enseignement

Faire travailler les élèves en petits groupes coopératifs, en s’assurant de former des groupes hétérogènes en ce qui concerne le degré de compétence langagière des élèves.

Les activités coopératives sont très efficaces pour amener les élèves à s’exprimer en français. Mais il faut pour cela les planifier très soigneusement et y incorporer systématiquement une habileté de coopération reliée à l’utilisation du français. Pour de plus amples renseignements à ce sujet, veuillez consulter la description de cette méthode, ainsi que les divers exemples illustrant l’apprentissage coopératif, à partir de la page 53;

Le processus de compréhension

Pour comprendre, l’élève doit interpréter les divers indices fournis par le contexte de la communication, en s’appuyant sur ses connaissances et sur expériences antérieures. Celles-ci incluent:

Plus les expériences et les connaissances antérieures de l’élève sont riches, plus grandes sont ses chances de comprendre. Mais sa compréhension dépend aussi de diverses habiletés et de la mise en oeuvre de diverses stratégies

Ce sont autant d’éléments qui entrent en jeu dans le processus de compréhension et sur lesquels on doit intervenir pour faciliter la compréhension: mieux on relie les connaissances antérieures des élèves aux concepts qu’on leur enseigne ou aux textes qu’on leur fait lire, mieux on les prépare à comprendre.


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